HUMER ET GOÛTER


Donnez un petit « cwtch » à votre verre pour le réconforter

Pour ceux qui ne sont pas rompus à la pratique de « humer » le whisky, cela peut paraître un peu excentrique. Le whisky n’est-il pas une boisson ? Mais l’aptitude d’un maître-distillateur à évaluer la qualité d’un whisky à l’aide de son seul odorat ou à estimer quand les malts en fût sont prêts à être mis en bouteille a toujours été un aspect caractéristique de la culture du whisky.

Exactement comme une oreille entraînée peut distinguer les sons de différents instruments au sein d’un orchestre, le « nez » exercé peut de la même façon détecter les éléments singuliers de l’arôme d’un whisky complexe.

Bien que certaines personnes aient un nez plus sensible, humer n’est pas un art exclusivement réservé à un club d’amateurs et le débutant peut rapidement apprendre à distinguer les éléments de base. Ne soyez pas déçu si vous ne pouvez pas identifier tout de suite l’amande, la bergamote et la cannelle, par exemple. Commencez simplement par apprécier l’harmonie des parfums dans leur globalité.

La plupart des dégustateurs professionnels hument le whisky « directement » pour obtenir ce qu’ils appellent l’effet « premier nez », puis ils y ajoutent à peu près la moitié d’eau de source pure à température ambiante. Cela permet de libérer les arômes volatiles dans le whisky et facilite grandement l’identification des notes individuelles.

Étape 1

Aspect : Notez la couleur et l’éclat. Gardez le verre en main et faites-lui un petit « cwtch », comme on dit en gallois. (« Cwtch » signifie câlin en gallois.)

Étape 2

Le nez : il est toujours difficile de traduire les arômes par des mots. Tout d’abord, quel est l’effet produit sur votre nez ? L’odeur est-elle âcre, piquante, chaleureuse, sèche ? Ensuite, dans quelle mesure est-elle prononcée ou discrète ? N’inhalez pas trop profondément, car les vapeurs de l’alcool pourraient atténuer vos sens et endormir votre palais. Enfin, consultez cette liste de groupes d’arômes :

  • Notes de céréales : malt, pain grillé, végétales
  • Notes d’esters : parfumées, fruitées, fleuries
  • Notes d’herbacées : foin, feuilles, fleurs
  • Notes sucrées : miel, vanille
  • Notes boisées : bois vert, résine, vieux bois
  • Notes huileuses : arômes de noix, de beurre, de graisse
Étape 3

Attaque en bouche : quels premiers arômes pouvez-vous reconnaître lorsque le liquide se répand sur vos papilles ? Sont-ils sucrés, acides, salés, amers ?

Étape 4

Milieu de bouche : en avalant, la saveur au fond du palais répond-elle aux promesses du nez et de l’attaque en bouche ? Ou commence-t-elle à montrer des caractéristiques différentes ?

Étape 5

Finale : est-ce une finale brève, une saveur qui s’estompe rapidement, ou qui au contraire s’attarde autant qu’un coucher de soleil d’été sur les Brecon Beacons ? Les malts gallois seront persistants sur vos papilles.

Les buveurs de whisky aguerris connaîtront et sauront apprécier cette dimension supplémentaire en prélude à la dégustation. Bien qu’il n’y ait que quatre éléments de base à notre palette gustative, à savoir l’amer, l’acide, le sucré et le salé, l’odorat humain peut identifier jusqu’à 1000 odeurs différentes.

De plus, comme nous le savons tous, l’odorat fait intrinsèquement partie du goût. Sans odorat, le goût perd sa profondeur et sa substance. En ce qui concerne les whiskies de malt, un nez subtil et équilibré est synonyme de plus de douceur et de meilleures qualités gustatives.